Cedre : 4 questions à l'ingénieure Natalie Beau Monvoisin

Rencontre avec Natalie Beau Monvoisin du Centre de documentation, de recherche, et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) à Brest

Compétitrice en planche à voile au tournant des années 2000, Natalie Beau Monvoisin a rejoint en 2002 les équipes du Cedre, organisme expert  international en pollutions accidentelles des eaux, situé sur les rives de la rade de Brest : “En cas de pollution, la mission première du Cedre c’est d’intervenir. ”

Depuis 17 ans, vous œuvrez au sein du Centre de documentation, de recherche, et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre). Quelle est votre fonction, quelles sont vos missions ?

Attirée par le monde de l’antipollution et de l’opérationnel, je suis entrée au Cedre en 2002 dans le cadre d’un stage de fin d’études d’ingénieur à l’école des métiers de l’environnement (EME) de Bruz. Or, en novembre 2002, à la toute fin de mon stage, la France a essuyé une catastrophe majeure, celle du navire Prestige qui a sombré au large des côtes espagnoles. J’ai alors embarqué de façon définitive au sein du Cedre, d’abord dans l’équipe Intervention arpentant  les côtes aquitaines pour lutter contre les arrivages successifs d’hydrocarbures sur nos côtes, et puis pour réaliser l’archivage des données collectées lors de cet accident. J’ai ensuite participé à un projet européen en Hongrie pendant neuf mois, à des missions de planification d’urgence… Jusqu’au jour où, au Cedre, la génération Amoco Cadiz a largué les amarres vers la retraite. La génération Erika / Prestige a pris le relais. C’est alors que j’ai eu la chance d’hériter du service Études et formation, au sein duquel nous préparons les acteurs de la lutte antipollution de demain : pollueurs ou pollués potentiels des sphères publique et privée françaises et internationales. Chaque année, le Cedre forme dans ce cadre près de 1300 personnes à travers le monde, issues d’administrations, de collectivités et d’entreprises privées.

Pour quelles raisons le Cedre a-t-il été créé ?

Je suis née la semaine suivant le naufrage de l’Amoco Cadiz… Il faut croire que j’étais prédestinée à intégrer le Cedre ! C’est à la suite du retour d’expérience de la gestion de cet accident, une marée noire d’une ampleur exceptionnelle survenue à Portsall, que les autorités françaises ont mis en place cette association sans but lucratif le 25 janvier 1979. Il s’agissait de disposer d’un centre de référence qui capitaliserait les retours d’expérience, la connaissance sur les moyens de lutte, les impacts potentiels des polluants, qui aiderait à la formation des acteurs afin de pouvoir faire face le jour J à un accident majeur par hydrocarbures sur les façades maritimes.

Quelles ont été les étapes importantes de la vie du Cedre au cours de ces 40 dernières années ?

Le Cedre s’est développé petit à petit depuis 1979 et jusqu’à aujourd’hui au gré des pollutions et des interventions de terrain. Qu’elles surviennent au large, sur les côtes, dans les estuaires. Au fur et à mesure, et logiquement, le Cedre a étendu son domaine d’activités et ses compétences aux eaux intérieures (eaux douces). À savoir que nous ne traitons pas les eaux souterraines, mais uniquement les eaux de surface. Tous les accidents nous ont permis de grandir, de nous renforcer. Nous avons ainsi intégré dans notre périmètre d’activités les produits chimiques au sens large et plus seulement les hydrocarbures. L’équipe pluridisciplinaire du Cedre est composée de 50 techniciens, ingénieurs et docteurs. Nous avons une chance inouïe dans le Finistère, celle d’avoir sur le territoire un centre unique au monde par ses capacités et ses installations. Le Cedre rayonne à l’international, tout en étant partie prenante d’un tissu d’organismes de référence dans le domaine maritime à la pointe de la Bretagne : le Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom), l’Institut français de recherche et d’exploitation de la mer (Ifremer), le Pôle Mer Bretagne Atlantique, l’Université de Bretagne occidentale (UBO), Océanopolis, le Pôle d’expertise national (PNE) et  le stock POLMAR, le Centre d'expertises pratiques de lutte antipollution (Ceppol) et la préfecture maritime…

Quelles sont les évolutions récentes ?

Depuis 2012, le Cedre est pilote national du réseau de surveillance des macro-déchets et micro-plastiques. Et en janvier 2021, nous avons créé un nouveau service dédié à la surveillance et à l’étude des déchets aquatiques. Ce qui signifie l’appui pour la mise en œuvre des politiques publiques de réduction des déchets dans les milieux aquatiques, la coordination de réseaux de surveillance des littoraux, la contribution à l’acquisition de connaissances sur le devenir et l’impact de ces déchets dans le milieu marin, la prévention et la récupération… Les missions du Cedre ont donc été élargies aux pollutions chroniques et non plus seulement accidentelles.

 

À voir : le reportage de Tébéo au Cedre


Crédit photo haut de page : © Cedre

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