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Nadia Ameziane

"Ce que j'ai apprécié ? L'écoute, l'entraide"

Professeur au Museum national d'histoire naturelle, Nadia Ameziane dirige depuis quelques années la station de biologie marine de Concarneau, la plus ancienne station au monde encore en activité. Elle nous parle de la station, du choix de Concarneau et de ses coups de coeur finistériens.

Quel est votre parcours ?

Mon parcours est un peu atypique. J’ai fait des études de géologie, en minéralogie pour ensuite faire un DEA en paléontologie (NDLR : Diplôme d'études approfondies, équivalent au Master 2 actuel) et j’ai fait un doctorat qui m’a permis d’étudier aussi bien les faunes fossiles qu’actuelles. À la fin de mon doctorat, je suis partie sur un troisième cycle en management et communication pour pouvoir parfaire mon double cursus.

J’ai travaillé pendant quelques temps dans une société de management et de recrutement avant d’arriver, pendant une année, au CEA (NDLR : Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) pour enfin réussir le concours qui m’a permis d’être enseignant-chercheur au Museum national d’histoire naturelle.

La station de biologie marine de Concarneau est l’un des 13 sites du Museum national d’histoire naturelle, donc je suis restée dans ma maison-mère. J’ai juste changé d’affectation physique en prenant la direction de cette station.

Pouvez-vous nous parler de la station de biologie marine de Concarneau en quelques mots ?

La station est l’un des sites du Museum qui intègre toutes les activités du Museum. La station regroupe de la recherche, de l’enseignement, aussi bien enseignement supérieur que formation continue, de l’expertise... On s’occupe également de collections et nous avons une grosse activité de diffusion des connaissances qui se traduit par le Marinarium.

   

Quand est-ce qu’a été créée cette station à Concarneau ?

Elle a été créée en 1859, ce qui en fait la plus ancienne station au monde encore en activité. La première station a été créée en Belgique en 1852 et a très vite fermé.

À l’époque, le ministère de la Marine s’inquiétait du déclin des stocks, notamment d’huîtres, qui se trouvaient sur nos côtes, et avait diligenté Victor Costes dans une mission d’exploration des stocks naturels pour ensuite trouver une solution à cette réduction de stocks. La station a été créée pour mettre au point l’aquaculture d’un certain nombre d’organismes, notamment les huîtres, les homards et les poissons plats. Victor Costes a réussi pour les huîtres (d’ailleurs les bases qu’il a posées servent encore à l’aquaculture moderne) mais il a un peu échoué sur les homards et les poissons plats parce qu’il avait la méconnaissance biologique de ces groupes. De ce fait, la station s’est intéressée à la biologie des organismes marins.

Pourquoi Concarneau a été choisi ?

Le naturaliste Achille Valenciennes trouvait que la baie de Concarneau était propice à un établissement de recherches pour différentes raisons. On n’est pas très loin des Glénan qui sont quand même réputés pour leur diversité. Ensuite, l’estran à Concarneau est intéressant parce qu’on y trouve aussi bien du sable que du rocher ; on peut y faire des choses à marée basse sur différents supports. Il y a également une grande diversité d’herbiers. Enfin, à l’époque, il y avait une grande diversité de la pêche et des techniques de pêche ainsi que différents acteurs qui  intéressaient Victor Costes.

Aujourd’hui quels sont les domaines scientifiques sur lesquels travaillent la station ?

Nous travaillons sur plusieurs domaines. Le premier, qui est aussi le cœur de métier du Museum, c’est l’exploration de la biodiversité. C’est vraiment notre cœur de métier et la plupart de mes collègues travaillent là-dessus ; on a des spécialistes de poissons, de lichens, de mollusques, d’échinodermes, de macro-algues... On traite aussi de la biologie de la conservation, de l’écologie fonctionnelle et on s’intéresse à l’impact de l'acidification des océans sur certains organismes (notamment les ormeaux). Il y a également dans la station une partie de recherche plus appliquée qui concerne la traçabilité des produits de la mer en se servant de la génétique.

Comment est-ce que vous faites coexister recherche et diffusion des savoirs ?

On la fait coexister par différents biais. Le premier auquel on ne pense pas, ce sont les sciences participatives. Ici, on a plusieurs programmes de sciences participatives : on va rendre l’acteur citoyen de l’acquisition de la donnée et ainsi le sensibiliser. Ensuite, il y a tout ce qui est proposé par le Marinarium ; on va sensibiliser le visiteur à la mer, à sa fragilité, à sa préservation, au travers des aquariums que nous avons et au travers des animations que nous proposons.

On organise aussi des conférences sur des sujets sociétaux comme l’impact du changement global sur nos écosystèmes marins, la mer et la santé, la mer et les ressources, la biodiversité marine... On essaye d'apporter des réponses au grand public. Au quotidien, les chercheurs s’investissent aussi beaucoup avec les scolaires sur plusieurs projets. On en a notamment un que l’on mène avec Océanopolis qui s’appelle Jeunes Reporters des arts, des sciences et de l’environnement. On a un projet Immersion sciences, des lycéens qu’on immerge pendant une semaine dans nos locaux et qui se comportent comme des chercheurs.

Nous avons également pour projet Territoire Concarneau. Nous sommes 4 structures locales (la Station de biologie marine, le Fonds Explore, le Musée de la Pêche, le Musée de Pont-Aven) qui vont recevoir des groupes de Troisième et de Seconde. Au travers de jeux de rôle, on va les sensibiliser aux différents métiers de la mer, à la fragilité de la mer, à son importance pour notre futur.

Comment s'est passée votre arrivée à Concarneau ?

Je n’ai eu aucun problème pour venir à Concarneau et rencontrer les différents acteurs, ça s’est fait naturellement. On m’avait dit "tu vas voir, les Bretons, ils sont difficiles". Je suis Lyonnaise d’origine et les Lyonnais aussi sont difficiles ! (rires)

On s est très bien entendus. Les contacts ont été faciles et les relations sont simples. On parle aussi bien au public qu’à l’élu, l’industriel... Les échanges se font dans les deux sens et en toute simplicité. Ce que j’ai apprécié, c’est l’écoute qu’avaient ces différents acteurs pour les discours que je pouvais avoir et leurs retours positifs. Et cette entraide, notamment dans le milieu professionnel, que je connaissais pas quand j’étais sur Paris.

Vous connaissiez le Finistère sud ?

Non, je l’ai vraiment découvert ; j’ai découvert sa mer, ses paysages, son histoire, sa cuisine, les personnes. Pour moi ce n’est que du positif. Je suis quelqu’un qui était assez nomade et je peux vous dire aujourd’hui que je finirai ma vie dans le Finistère sud.

Quels coins en particulier appréciez-vous ?

J’en ai deux. J’aime beaucoup la Presqu’île de Crozon pour ses aspects sauvages. De temps en temps, ça me rappelle la Corse. Et j’aime beaucoup Concarneau parce qu’on y allie l’histoire, l’industrie, le tourisme. On est en bord de mer mais pas très loin de la campagne... Mais après, il y en a plein ! Moi quand je pars en vacances, je pars en Bretagne. Je n'ai pas envie de partir.

Plus d'infos

Retrouvez toute l'actualité de la Station marine de Concarneau sur son site web.

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