L'enclos paroissial englouti par les sables
À quelques pas de la mer, au lieu-dit Saint-Michel sur la commune de Plouguerneau, se cache l'un des sites archéologiques les plus émouvants du Pays des Abers. Iliz Koz — « la vieille église » en breton — est l'ancienne église paroissiale de Tréménac'h, village des moines, engloutie pendant des siècles sous les sables du littoral léonard et rendue à la lumière au fil de patientes fouilles.

Tréménac'h, une paroisse oubliée
Tréménac'h est un mot composé du vieux breton treb, « village », et du breton menec'h, « moines ». Cette antique paroisse de la côte nord du Léon abrita pendant des siècles une vie religieuse et communautaire bien réelle, avec son église dédiée à la Sainte Trinité, son presbytère, ses manoirs, ses moulins et ses chapelles.
L'église paroissiale, sans transept, était entourée de son enclos : cimetière au sud, ossuaire d'attache, chapelle seigneuriale des Parscau. À sa proximité, Michel Le Nobletz, le père des Missions bretonnes, vécut une année d'ermitage entre 1607 et 1608. Abers-patrimoine

L'ensablement, un drame naturel
L'ensablement de ce rivage semble dû à une régression marine : un refroidissement climatique aurait entraîné une baisse du niveau de la mer, les vents desséchant alors les grèves et constituant des dunes mises en mouvement vers les terres lors des tempêtes.
Dès 1550, les archives du manoir de Menan signalent des « terres vendues à cause de l'ensablement ». Le seuil critique est atteint vers 1700, et les trois décennies suivantes voient s'abattre sur l'enclos un véritable déluge de sable, atteignant par endroits plusieurs mètres de hauteur. À la fin, les paroissiens prisonniers dans l'église durent s'échapper par les toits. En 1729, l'église fut abandonnée et le culte transféré à la chapelle de la Martyre.

La redécouverte, un chantier collectif
En 1969, les engins de terrassement d'un chantier de construction se heurtèrent à des pierres tombales et des murs. Le docteur Gérard Philipps, chercheur brestois, entreprit les premiers dégagements, bientôt suivi par des bénévoles. La commune de Plouguerneau acquit le terrain en 1977 et, à partir des années 1980, des campagnes de désensablement progressives rendirent au site toute sa lisibilité. Une association de bénévoles passionnés prend en charge les visites guidées depuis lors.

Ce que l'on découvre sur place
Le site révèle un enclos paroissial médiéval remarquablement conservé sous sa gangue de sable. Le cimetière a livré près d'une centaine de dalles funéraires, dont dix-neuf portant des gravures : épées et écus de chevaliers, calices de prêtres, emblèmes de métier — dont un tisserand — et, pièce exceptionnelle, une dalle ornée d'une caravelle à l'ancre, témoignage rare du commerce maritime breton à la fin du Moyen Âge.
À l'intérieur de l'église, les murs ont révélé cinq couches de peintures murales superposées, allant d'un semis de roses gothiques du XIIIe siècle jusqu'à des décors géométriques du début du XVIIe siècle, en passant par la représentation d'un chevalier ou archange du XVe siècle, encadré de blasons. Ces peintures, soigneusement restaurées, sont aujourd'hui présentées dans l'espace d'accueil du site.

Dans le presbytère, lors des opérations de désensablement de 1992, trois clefs soigneusement déposées sur l'une des fenêtres furent retrouvées — geste ultime du dernier habitant avant de quitter pour toujours les lieux. Elles sont conservées au musée du site.

Prestations et services

Groupes Acceptés
Nombre de personnes minimum : 10
EquipementsParking
ServicesToilettes

Informations pratiques

Adresse Site archéologique d’Iliz-Coz
188 Lieu-dit Iliz Koz
29880 Plouguerneau
Maililizkoz.plouguerneau@gmail.com
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