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Carte - île de Sein en Finistère
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Christelle Le Dortz

"Sur l'île de Sein, tout est possible"

Céramiste, Christelle Le Dortz s'est installée il y a 8 ans sur l'île de Sein pour y vivre toute l'année. En perpétuel dialogue avec la matière, elle façonne des objets d'art à l'image de son île d'adoption.

Portrait d'une créatrice bien ancrée dans le présent.

Quel est votre parcours ?

J’ai grandi en banlieue parisienne, mais j’ai des origines bretonnes. J’ai vécu 7 ans à Paris, j’ai fait des études de cinéma, j’ai travaillé dans la vidéo et dans le développement local dans le centre de la France. Et je suis en Bretagne depuis 12 ans aujourd'hui, et ça fait 8 ans sur l’île de Sein.

Comment est-ce qu’on passe de la vidéo à la céramique ?

L’expression artistique a toujours été ce qui m’a tenu, ce qui m’a permis de continuer à vivre. Je suis d’abord passée par le cinéma, par la vidéo, et c’est en arrivant en Bretagne que j’ai commencé à apprendre le métier de la céramique.

Pourquoi ce métier-la ?

J’avais besoin d’exercer une activité manuelle, de sortir des ordinateurs, de sortir de l’écriture aussi, et j’avais vraiment besoin d’être en contact avec la matière. La céramique, j’ai essayé et j’ai tout de suite été centrée avec la matière, vraiment ancrée. J’ai fait de la céramique parce que ça m’a apporté de la paix.

Il se trouve que ça m’a apporté tellement de paix que je ne pouvais plus m’en passer, que c’est devenu addictif et que j’ai essayé de tout mettre en place pour pouvoir le faire, pour pouvoir exercer ce métier. Je pensais exercer le métier de céramiste et un autre métier à côté, je pensais que c’était pas viable ; en fait, c’est viable. Je peux le faire, mais c’est viable parce que je suis ici, je pense. Parce que je suis en Finistère, en littoral, et encore plus sur une île. 

Le métier de céramiste, c’est quoi ?

Pour moi, c’est être en dialogue avec la matière. C’est-à-dire que pour former une pièce, c’est toujours un aller-retour entre ce qu’elle veut et ce que je veux. Et on dialogue ensemble, et on va ensemble… tout droit.

Pourquoi s’installer sur l’île de Sein ?

Je me suis installée sur l’île de Sein et je suis devenue céramiste 2/3 ans plus tard. Je ne suis pas venu ici pour être céramiste. Je suis d’abord venue comme une touriste, j’ai fait un aller retour au mois d’octobre en plein tempête. Et avant même de débarquer du bateau, j’ai ressenti très profondément que je rentrais à la maison. Et j’ai réussi à arriver ici 3 ans plus tard.

Comment l’île de Sein vous inspire dans votre travail ?

L’inspiration, c’est souvent délicat d’en parler. Moi mon désir, ce qui m’inspire, c’est toujours quelque chose d’enfantin, d’expérimental. C’est « Qu’est ce que ça fait si je met cette engobe-la, sur cette matière-la, avec cet émail-la.. » Donc je cherche et je vais... voilà. Je passe par le four et ce que je vois apparaître, c’est la mer. Et je n’ai pas fait exprès. Donc l’inspiration c’est ça. C’est un jeu, au départ. Je suis imprégnée de ce qui m’entoure malgré moi.

L’océan a une présence forte dans vos créations...

Ce qu’il y a de particulier sur l’île de Sein, c’est que où que l’on soit, on voit la mer. Et ces images, cette lumière, et ces matières aussi très particulières, qui sont souvent désagrégés par le côté maritime.. tout rouille ici.. J’adore les croûtes de peintures sur les bateaux. Tout ça, ça se retrouve en fait, dans ce que je fais. Et en plus je fais aussi fondre du verre que je trouve dans le sable, sur des médaillons, sur des beurriers à eau. Il y a aussi de la matière de l’île de Sein dans ce que je fais.

Quelles terres utilisez vous ?

Je travaille deux sortes de porcelaine, la Royale Porcelaine de Chine et la Porcelaine de Limoges, et le grès de Saint-Amand. Apparemment sur l’île il y a des argiles, il y a une argile blanche parait-il. Je n’ai pas cherché parce que je ne veux pas jouer sur l’érosion, on est assez petit comme ça.

Vivre sur l’ile de Sein à l’année, c’est assez particulier ? Le contraste entre l’été et l’hiver doit être particulier à vivre ?

J’adore le contraste entre l’été et l’hiver. Effectivement, l’été, c’est très speed, c’est beaucoup d’énergie dépensée, c’est très gai, c’est de très belles rencontres aussi. C’est très très riche.

Mais effectivement, j’ai besoin d’un repli. Et il y a ce temps de repli de l’hiver, où on a aussi des visiteurs, parce que l’île de Sein en hiver c’est quand même assez fabuleux. Les gens sont assez impressionnés par l’île de Sein en hiver, par la paix qui y règne. Ce contraste-la, moi j’en ai besoin aujourd'hui.

Qu’est ce que vous appréciez particulièrement dans la vie sur l’île de Sein ?

Ce que j’apprécie en premier lieu est d’être à l’abri du monde. Je me sens beaucoup plus en relation avec les éléments, avec certaines personnes, mais plus avec les éléments qu’avec l’argent, qu’avec les voitures, qu’avec des préoccupations dont je ne veux plus. Je veux juste être un petit bout parmi tous les bouts. Ce n’est pas très joli de dire bout, mais... une petite chose, parmi le reste, mais loin du superflu. C’est ça que je ressens.

L’endroit que je préfère sur l’île de Sein, c’est d’être de l’autre côté du Gueveur. Le Gueveur, c’est une ancienne corne de brume, et là, on est vraiment face à l’océan. C’est à 360° seulement l’océan, des roches, des oiseaux et des dauphins. Et là, on se sent vraiment à notre juste place. On est un petit élément parmi tout le reste.

Qu’est-ce que vous aimez faire partager aux visiteurs ?

Dans cette boutique, ce que je vois c’est que les gens sont étonnés parce qu’on est pas du tout dans un attrape-touriste, on est dans un endroit où moi, je suis bien. Il y a beaucoup de bois. C’est assez simple, c’est que de la récup’. Et j’adore les rencontres qu’on fait ici. La céramique, c’est comme un médium. C’est-à-dire qu’on parle des tasses, mais en fait on parle de la vie. Ça arrive souvent comme ça. Et donc il y a vraiment de très belles rencontres qui se font parce qu’il y a ce medium de la céramique.

Après, j’aime aussi beaucoup rencontrer les gens, que ce soit un véritable échange. Cette tasse qu’ils achètent, elle vient de quelqu'un en particulier, même si on ne se connait pas plus que ça. C’est pour ça aussi que je fais de la vente par Skype, et pas un e-shop. Je n’ai pas envie de passer ma vie à faire des photos. J’ai envie de passer un moment avec quelqu'un, même loin [...].

L’étape de la cuisson est une vraie découverte. Comment l’appréhender dans le processus de création ?

Pour moi, mon four est comme un collègue. C’est-à-dire que je lui propose quelque chose, et il va en faire autre chose, que je peux prédire évidemment, heureusement. Mais il va travailler avec moi. J’ai le sentiment plutôt d’une fraternité. Après effectivement il y a toujours des accidents et il y a toujours des surprises incroyables, très belles aussi, il y a les deux. Mais ça apprend la résilience aussi. Ce qu’il se passe dans un four c’est ce qu’il se passe dans un volcan. On transforme la boue en pierre. C’est une transformation délicate donc il peut y avoir des accidents ; c’est parfois très beau, parfois dommage.  

Est-ce des gens viennent vous voir en souhaitant apprendre ?

J’ai beaucoup de demandes de stage. Le problème, c’est qu’à l’heure actuelle, je n’ai pas un atelier qui permet de recevoir du monde. C’est un problème sur le littoral.

Mais j’ai très envie de vivre ça avec des gens qui viendrait en hors saison, avec des cours de céramique le matin et du temps libre pour voir l’île l’après midi. Je pense que ça peut être quelque chose de très fort pour tout le monde.

Un dernier mot ?

J’ai vraiment le sentiment que tout est possible sur cette île. C’est toujours un rien compliqué, un rien différent d’ailleurs, mais c’est possible de s’y installer. Il y a encore énormément de choses à faire. On a un public qui vient de plus en plus en hiver aussi.

J’ai très peur que cette île devienne un village vacances et ne soit ouverte que 2 mois dans l’année. On est beaucoup à montrer qu’on peut vivre ici, à l’année, et qu’on y vit vraiment bien.

Son parcours en quelques mots

Christelle Le Dortz a fait des études de cinéma et s'est d'abord intéressée à la vidéo avant de devenir céramiste. Elle a également travaillé dans le développement local dans le centre de la France.

Depuis 12 ans, elle est installée en Bretagne. C'est à ce moment-là qu'elle a commencé à se passionner pour la céramique. Elle a été formée par Nathalie Derouet à Douarnenez (travail de la terre) et Matthieu Liévois à Séné (émaux).

Cela fait maintenant 8 ans que la céramiste vit sur l'île de Sein toute l'année.

Pour découvrir ses créations

Vous pouvez vous rendre sur le site web de Christelle Le Dortz ou sur l'île de Sein, à l'atelier Café. Si vous avez le mal de mer... rendez-vous à Pont-croix (épicerie le Safran), Audierne (L'Art et la Bannière) ou Plogoff (Monsieur Papier). Christelle Le Dortz peut également vous proposer un rendez-vous par Skype.

Site web

Son parcours en quelques mots

Christelle Le Dortz a fait des études de cinéma et s'est d'abord intéressée à la vidéo avant de devenir céramiste. Elle a également travaillé dans le développement local dans le centre de la France.

Depuis 12 ans, elle est installée en Bretagne. C'est à ce moment-là qu'elle a commencé à se passionner pour la céramique. Elle a été formée par Nathalie Derouet à Douarnenez (travail de la terre) et Matthieu Liévois à Séné (émaux).

Cela fait maintenant 8 ans que la céramiste vit sur l'île de Sein toute l'année.

Pour découvrir ses créations

Vous pouvez vous rendre sur le site web de Christelle Le Dortz ou sur l'île de Sein, à l'atelier Café. Si vous avez le mal de mer... rendez-vous à Pont-croix (épicerie le Safran), Audierne (L'Art et la Bannière) ou Plogoff (Monsieur Papier). Christelle Le Dortz peut également vous proposer un rendez-vous par Skype.

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